Naissance ès nominé des saints

Naissance ès nominé des saints
Au détour de la fontaine, sur le sentier d'un autre univers
Ce hameau s'offre à ma vue, noyé par la brume du crépuscule
Il semble posé sur un parterre d'épilobes et d'oenothères
J'avoue avoir le vertige face à ce tableau, miracle de la nature
Ce bouquet d'éden, au sortir de la fontaine, me convient
Mes paupières se ferment et invitent mes rêves plus serviles
Que la raison, à plonger mes yeux dans la robe des miens
Sans voix, sans râles, une descente dans le jardin des délices
Et là, je sais, je sais que ces rides au coin du c½ur
Rares comme ces couleurs du soir qui cachent tout
Douces comme ces souffles qui étouffent le malheur
Belles comme si c'était du ciel avec du bleu partout
Font flotter des fantômes sur les ombres qui naissent
Etrange cité de l'intérieur où se mélangent et s'effleurent
Tant de fleurs différentes aux effluves d'amour et de caresses
Volutes veloutées d'arôme, pour mon âme nue et sans étoffe

Dans la chair et ses vérités que nul autre ne peut toucher
S'humecte de semences, envahie d'essences odorantes
Ce pays étrange en rendant à mes yeux, jadis fermés
La vue, que mon être avait su remplacer, pour l'attente
Entre ciel et moi tourné vers moi, aucune ligne, aucun trait
Je me trie, me dépouille, je n'en fini pas devant ce fatras
Confusion de reconstitution à l'initial, diantre, je me refais
Une naissance et ès nominé des saints, une allée dans les aléas
# Posté le vendredi 17 juin 2005 05:47

« Et si nous goûtions à la douceur des choses »

« Et si nous goûtions à la douceur des choses »
Il haletait si fort qu'il en perdait presque le souffle
Elle se sentait tout étourdie et soudain elle a crié
De ses lèvres comme des mains elle a saisi sa bouche
Comme pour étouffer ce râle qu'elle a voulu gardé
Il se laissait faire, il avait deux ans, cinq ans, dix ans
Il était dans les bras de cette femme, mère-maîtresse
La tête au creux de ses seins, lové comme un enfant
Il montrait une attitude égratignée de maladresses
Il aurait voulu pleurer ces vingt-huit années de larmes
Larmes retenues et lui offrir son c½ur en disloque
Pour qu'elle le répare, comme ces poupées de charme
Poupées de porcelaine qui ne supporte aucun choc
Pas de honte, tant de calme, un éden qui sentait bon
C'était un merveilleux fouillis, d'amour, d'étreintes
Il aura voulu faire de sa poitrine, son antre, sa maison
Avec sa peau en terre d'exil sans aléas, sans labyrinthe

Elle, et son visage rosi par les transports de l'amour
Visage qui offrait tous les tons changeant de la nacre
Elle qui serrait si fort dans ses bras cet amant d'un jour
De toujours, qu'importe, cet instant était un hamac
Il y avait du soleil partout, dans sa maison intérieure
Ciel bleu, pas d'orages, une profonde sérénité, latente
Là, petit à petit, maîtrisant à la fois le feu de son c½ur
C½ur qui cognait et ses jambes offertes et tremblantes
Elle déposait ses lèvres, chaudes et tant pleines de douceur
Sur son front, sur son nez, sur ses lèvres et fermait les yeux
Enlacés, inscrits l'un dans l'autre, elle n'était plus seule
Elle n'avait plus froid, plus peur, elle était belle, heureuse
# Posté le vendredi 17 juin 2005 05:52

Douceurs

Douceurs
Que de douceurs pour ce voyage vers l'aventure de la vie
Plus de passé, plus d'antan, un coup de reins vers l'avant
Navigation dans ces eaux devenues tellement limpides
Autant en apesanteur dans la cité des ombres, innocent
Le désir est si beau vers le début des choses, être ailleurs
En cette femme qui infante et qui rêve tant aux ivresses
Ivresses d'Alicante, liquoreux qui coule en son intérieur
Me fait rêver, apparaître et entrer dans un autre univers
Qu'importe les pénombres et les ombres qui m'effraient
Ces amours, ces horreurs, qui n'ont jamais fait semblant
Puisque cette femme si frêle et tellement forte à la fois
Fixe mon éternité et mon âme en suspend face au temps
Pardonnez mes virages manqués et mes grognes à la voix
Pardonnez ma fuite et ma ruée vers le plus beau en soi
Pardonnez cette offense, l'aller vers une métamorphose
A la quête d'Ispahan où la myrrhe et l'encens font foi
For de bien en soi, où l'amour devient orient, un chaos
# Posté le samedi 18 juin 2005 14:56

Dans la cathédrale des souvenirs

Dans la cathédrale des souvenirs
Entre mon corps et mon âme je transgresse le programme
Pour tout aimer totalement, tendrement et tragiquement
J'emporte mes mémoires, jaunies, dans cet étrange au-delà
Où l'or et l'argent ont perdu cette illusion que tout est géant
Que tout est facile et inutile, que tout est futile et pas difficile
L'amour est difficile, je me souviens, elle a troublé mes émois
Il y avait de l'amour, son corps et le mien, ça ce n'était pas futile
C'était géant, je me souviens, dois-je repentir un mea-culpa
Sur cette histoire dans un temps qui s'éloigne où je ne serais plus
Totalement, tendrement, tragiquement à genou vers l'éternité
Ou bien faire mes adieux aux futurs inconnus de ce temps révolu
Et faire en sorte de n'avoir jamais, jamais, jamais aucun regret

Dans la cathédrale, infante
Les lumières bleues du ventre
Me font être, m'inventent
La raison n'est pas innocente
Mais sage de message, de vent
Ne cache rien de tes sentiments
N'utilise pas ce sombre silence
Comme un refuge, un paravent
Mets-toi à la hauteur d'une exigence
Bien plus haute que la présence
# Posté le jeudi 23 juin 2005 06:02

Le voyage de la vérité

Le voyage de la vérité
Mon corps à nu dans la mer de la tranquillité, à l'abri du temps
En cette femme sans doute belle, belle et secrète de rondeurs
A l'abri d'averses, d'orages, de grêles, de dessins tristes d'enfant
Des sous-marins, des revolvers et des avions qui font très peur
Mon corps nu, caché derrière les grilles de l'oubli, est prisonnier
Ce masque foule l'intégrité et la beauté de ce que fut l'extérieur
Mes enfants, mes femmes, maîtresses souffrantes, mes moitiés
Trop facile d'oublier les pleurs et de se pencher vers l'extérieur
Ce sont elles les souffrantes, elles, héroïnes au secret, pas moi
Et eux les souffrants, enfants d'une histoire d'amants, pas moi
Je ne peux fuir cette réalité vers l'ailleurs cet étrange au-delà
Entre mon corps et mon âme, je transgresse le programme
Totalement, pour les aimer, tendrement et pas tragiquement
L'amour en mon corps et mon âme n'a jamais fait semblant

Des nuages sombres de bleus roulent en moi, me persécutent
Il y a dans mon être intime, des pages blanches, fleurs de lys
Aussi minces que du papier de soie, sommeil sans couverture
Aucun trait, aucun point, aucun idiome que rien ne puisse
Moi qui marchais dans ce dédale d'ombre j'ai vu cette lumière
Puisse être un autre univers ou tout simplement le précédent
Sans doute oui ou pas, un pas vers le pas de la porte, la sagesse
Un étrange qui me pénètre, l'infranchissable passage du temps
Pour moi, que les émotions accrochaient bien plus que tout
De ce voyage à travers la révélation dans ce royaume imaginaire
Je n'en retiendrai qu'un seul et unique mot de passe, l'amour
Tout ça n'était peut-être qu'un voyage à travers le vocabulaire
# Posté le jeudi 23 juin 2005 06:10