Un doigt posé sur l'eau calme du lac

Un doigt posé sur l'eau calme du lac
Prologue



Lasse de mettre de l'ordre dans sa vie qui serai toujours le même, elle se déchaussa, remonta sa robe jusqu'à la taille et entra dans le courant.
-Où veux-tu que je t'enterre toi que j'aimais bien sinon dans l'amour, là où il y a du c½ur.
Ce filet d'eau qui s'était glissé entre ses cuisses, c'était de la douceur qui passait.
Le soleil dessinait des ronds d'assiette de lumière sur la nappe mouvante du lac. Sournoisement, celui-ci avait envahi son ventre éveillant en elle les premières sensations d'autrefois, ce désir que la caresse humide encourageait à s'épanouir.
Rendez-vous vers l'émotion, parce qu'entre nous, ce monde ne saurait être vide
Curieusement, au fur et à mesure qu'elle avançait, le temps se fit plus clair, les courants sur l'eau ne s'effectuaient pas.
Il y avait certainement quelqu'un dans le ciel qui avait regard sur elle
# Posté le mardi 08 mars 2005 07:05

Suite...

Suite...
Et puis soudain le ciel est devenu tout gris
Il a vendu ses couleurs pour un peu de pluie
Tout est à l'envers, l'eau se mire sur les nuages
Dans ses pensées se noient tous ses naufrages
Elle ne su plus dans quoi elle avait pénétré
Mais elle continua tout de même à avancer
Elle passa sa langue sur ses lèvres salées
Et se senti aussitôt envahie par la familiarité
Douce et apaisante du lac et de son orée
Elle se retourna comme si on l'avait hélée
Et découvrit un chemin qui s'enfonçait
Vers une région de silence au fond halé
Au concert de feuillage et de lumière trouée
Elle en retira une impression de plénitude
Et de bien-être, divine essence de la nature
A toi la vie, ici plus d'un papillon vacille, là
Plus d'un oiseau babille l'image du charme
Ce paradis lui brûle les yeux, c'est la fuite
Du temps présent autant fou, via l'infini
# Posté le mardi 08 mars 2005 07:09

suite...

Câline
Toi qui m'enveloppe
De taie de soie, étoffe
Divine
Mes peines de farandoles
Et mes larmes de lucioles

Elle savait bien qu'il existe des vivants
Mais ne savait pas les morts présents
Que certains sont vrais
D'autres imaginés
Son c½ur séchait dans sa poitrine
Ses lèvres, béates, devinrent arides
Comment ne pas être bouleversée par ce profil
Comment ne pas être émue par ce détachement
De la vie, de la mort, de l'entre deux, de l'énigme
Etonnante impuissance à river la marche du temps
Pourtant, derrière ce tableau, de cet abandon
Quelque chose d'impollué n'était pas abscons
# Posté le mardi 08 mars 2005 07:22

resuite!

resuite!
Voilà un peu d'air, un sujet de tragédie
Voilà le lieu de la scène, l'action s'y vit
Tant de larmes jaillissent à noyer ses joues
Tant de douleurs insupportables, l'étouffent
Elle est soudain devenue un peu trop vieille
Des mots silencieux sortent de ses lèvres
Seulement des mots qui pleurent la peine
Qui crient l'amour pour qu'il revienne
C'est un ailleurs, dans la malle des voyages
Des phares, des lumières et des ombrages

Elle s'est perdue dans le remous qui tourne
Engloutie vers ce passé au présent si doux
Sa robe à fleur lisse et tant pleine de vase
L'a clouée au pic d'une étrange surface

Le ciel est voyou, elle le voit dans ses nuages
Au fond de ses yeux il y a une lumière sauvage
Pourtant elle ressent comme un froid dans le dos
Il y a des petits cercles gris à la surface de l'eau
S'aimer encore quelques heures et puis l'étreinte
Jusqu'à l'amour pour qu'il reste encore vivant
Elle veut sa main- caresse sur le rose de ses joues
Elle veut ses baisers et les siens en pleine bouche
# Posté le mardi 08 mars 2005 07:25

Et ces souvenirs

Et ces souvenirs en miettes se recollent
Prendre le risque, et puis tenter sa chance
Le présent se faufile dans l'hier
C'est l'amour qui prend des ailes
Du bout des doigts elle touche sa peau
Elle sent même que tout est chaud

Tous ces souvenirs se rapprochent
Et s'amarrent et puis s'accrochent
L'endroit reste reposant, imposant
Imposant à la vie, la mort de l'instant
Le silence n'est jamais immobile
Pièce unique
Nous sommes tous sur un fil
Dans cette traversée du destin
# Posté le mercredi 09 mars 2005 06:10